Toussaint 2019

 

            Nous sommes venus célébrer tous les saints ceux qui sont connus et ceux de nos familles. Nous sommes venus aussi prier pour les défunts qui ne sont pas encore saints et qui se préparent à le devenir. Ces hommes et ces femmes qui, souvent, nous ont beaucoup apporté, qui nous ont aimés et que nous avons aimés, que sont-ils devenus ?

            Quelle est leur situation actuelle ? Du coup, nous pouvons  nous poser la question et moi, que vais-je devenir ? Certes, je suis assuré de mourir mais ensuite quel est mon avenir ? Ce sont de grandes questions, d’importantes questions.

 

DEVENIR SEMBLABLES AU CHRIST

            La seconde lecture de cette fête de la Toussaint apporte la réponse. Saint Jean la formule ainsi : « Bien aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu mais ce que nous serons, n’a pas encore été manifesté. Quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est ».Oui, nous sommes devenus enfants de Dieu au baptême, et ce n’est pas rien, nous avons reçu la vie du Christ, Dieu devenu comme nous pour que nous devenions comme Lui. Mais cela ne se voit pas encore, n’est pas encore manifesté. C’est après notre mort biologique que cela se verra, que nous serons semblables au Christ. Cela est réalisé déjà pour les saints, cela se réalisera p our chacun de nous. Tel est notre avenir, tel sera notre devenir.

            On comprend que les premiers chrétiens aient été émerveillés devant une telle annonce formulée par le Christ dans les évangiles, par Paul et les autres écrits du Nouveau Testament. Ce n’est pas sans raison qu’ils ont appelé cette annonce : « Bonne Nouvelle », en grec Evangile . Chaque être humain, à commencer par les baptisés est appelé à cet avenir magnifique. Quelle que soit la manière dont il est né, qu’il soit ou non désiré. Quelque soit son parcours, plus ou moins tortueux. Chacun de nous deviendra semblable au Christ

 

SANCTIFIE OU CHRISTIFIE

            Le mot utilisé souvent par l’Eglise, pour décrire cette réalité merveilleuse, est celui de sanctifié, c’est à dire devenu saint. Mais il est mal compris, on le prend au sens moral comme s’il s’agissait d’être parfait et sans défauts. Il s’agit de bien davantage : devenir saint, c’est partager la vie de Dieu, son amour, son bonheur. Voilà pourquoi certains théologiens et spirituels d’aujourd’hui préfèrent utiliser le mot de christifié, c’est à dire devenir semblable au Christ, partager sa vie pleinement divine et pleinement humaine.

            Tel est notre avenir. Pour l’instant, nous sommes en construction de nous-mêmes, nous sommes des ébauches de nous-mêmes, nous sommes en chemin. Mais lorsque nous serons devenus semblables au Christ, christifiés, alors nous serons devenus pleinement nous-mêmes, notre personnalité aura atteint sa plénitude, sa forme définitive. Pour les baptisés, cela commence au baptême. Pour les non-baptisés, cela se réalisera après leur mort biologique.

            Une précision : l’être humain a la possibilité de refuser cette vie magnifique, ce don de Dieu. Sa liberté va jusqu’à ce refus que l’on appelle l’enfer. Au cours des siècles, l’Eglise en a sans doute trop abusé, actuellement on n’en parle pas beaucoup mais la possibilité de la damnation est réelle.

QUEL SERA NOTRE ETAT ?

            Une autre question se pose : lorsque nous serons devenus « semblables au Christ » christifiés, quel sera notre état ? Evidemment nous ne serons pas dans notre état actuel, nous aurons été transformés, c’est à dire,  nous aurons changé de forme. Le Christ a été très discret à ce sujet. Il s’est contenté d’une simple comparaison : le grain de blé, dit-il, meurt en terre pour devenir un bel épi. Il veut ainsi nous dire que nous sommes actuellement comme de petits grains de blé et que nous deviendrons comme de beaux et de grands épis. On peut continuer la comparaison en constatant les transformations dans le monde végétal ou le monde animal. Nous sommes actuellement comme des glands et nous deviendrons de solides chênes. Nous sommes actuellement comme des chenilles qui avancent avec peine et nous deviendrons comme de superbes papillons qui volent avec facilité.

            Comparaison n’est pas raison. Ce qui est important, c’est de croire que nous avons tous un avenir magnifique grâce au Christ ressuscité. Nous lui serons semblables et alors nous serons vraiment, pleinement nous-mêmes.

            Amen