Assomption 2020

 

 MARIE  PARFAITE IMAGE DE L'EGLISE

               Depuis longtemps, la liturgie et les conciles désignent Marie comme la "parfaite image de l'Eglise". Cette Eglise, Vatican II nous l'a rappelé, est constituée par tous les baptisés. Plus précisément par les baptisés qui venlent prendre au sérieux leur baptême. Mais souvent nous en restons à des éléments extérieurs, à des activités de l'Eglise sans approfondir son identité profonde. Nous ne voyons que son aspect institutionnel, son organisation, son fonctionnement. Nous ne voyons que les rites qu'elle accomplit dans notre société, par exemple les obsèques. Nous ne voyons que les services qu'elle réalise au niveau de la solidarité. Nous ne voyons que son éducation aux valeurs. Mais l'Eglise, c'est davantage. Et la contemplation de Marie nous permet de méditer trois convictions sur l'identité profonde de l'Eglise.

 

COMME MARIE, L' EGLISE ACCUEILLE LE DON DE DIEU

C'est ce qui a commencé de se passer lors de l'Annonciation. Je me souviens, durant un pèlerinage à Nazareth, nous visitions le couvent des Clarisses. Une religieuse nous a montré la basilique construite à l'emplacement présumé de la maison de la Vierge Marie, en nous disant une phrase que je n'ai jamais oubliée : "Ici, Dieu a épousé l'humanité". Oui, tel est le fond de notre foi chrétienne : Dieu est venu faire Alliance avec nous comme deux jeunes qui se marient font alliance entre eux. Dieu est venu partager notre vie pour que nous puissions partager  la sienne et recevoir ainsi notre plénitude humaine.

L'Eglise s'efforce d'accueillir ce don de Dieu. Mais trop souvent , nous n'en avons pas conscience, nous en restons à une conception superficielle. Une grand-mère regrettait, il y a quelques mois, d'avoir "transmis à ses enfants une morale et des valeurs mais de ne pas avoir suffisamment proposé la foi".L'essentiel de la foi qui consiste en une relation vivante avec la personne du Christ, Don de Dieu.

 

COMME MARIE, L'EGLISE REPOND AU DON DE DIEU EN VIVANT LE MAGNIFICAT

Les épreuves, les difficultés, les souffrances n'ont pas été épargnées, à Marie, la première lecture y fait allusion de manière symbolique. Ce n'était pas plus facile pour elle que pour nous.Mais Marie n'a jamais douté de la présence de Dieu et elle a toujours pris les décisions qu'elle avait à prendre. A commencer par celle dont dépendait l'avenir du monde, le "oui" au message de l'ange. Marie est vraiment une femme de décision qui a toujours su prendre ses responsabilités. Elle n'est pas du tout une femme soumise ou mièvre. Elle en témoigne dans le Magnificat.

L'Eglise est bien l'Eglise voulue par Dieu lorsqu'elle s'efforce de vivre le Magnificat et qu'elle prend les décisions qui y  correspondent, quoi qu'il lui en coûte. En effet la logique du Magnificat n'est pas notre logique humaine spontanée. Nous, instinctivement, nous sommes attirés par le paraitre, les bonheurs illusoires, la puissance, la brillance. Le Magnificat, c'est le respect de soi et des autres, c'est l'humilité, c'est l'écoute, c'est l'action pour la dignité de chacun.

Un exemple nous a été donné d'une vie selon le Magnificat par un saint que nous avons célébré hier, Maximilien Kolbe. Francisain polonais, dynamique fondateur d'un journal, il est envoyé par les nazis au camp de concentration d'Auchwitz.Comme trois déportés ont essayé de s'enfuir, dix sont désignés - c'est la punition prévue par le réglement du camp - pour mourir de faim et de soif dans le bunker situé au milieu des baraquements. Le père Maximilien se propose pour être désigné à la place d'un père de famille. Et il meurt la veille de la fête de l'Assomption, le 14 août 1941. A cette période, les nazis triomphaient dans toute l'Europe, ils venaient d'envahir l'URSS et semblaient victorieux. Leur puissance barbare semblait ne pas avoir de limites. En définitive, qui l'a emporté? Les nazis n'ont laissé que des ruines, le don de sa vie par le père Maximilien  témoigne à la face du monde qu'il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime, selon la phrase du Christ. Il a été déclaré saint en 1982 , en présence de celui dont il avait sauvé la vie!

 

COMME MARIE, ENTRER EN GLOIRE A LA SUITE DU CHRIST RESSUSCITE

Le pape Pie XII, en définissant le dogme de l'Assomption en 1950, après une trés longue réflexion de toute l'Eglise, a indiqué que nous ne pouvons pas préciser si Marie est morte ou non. Mais ce dont nous sommes sûrs, c'est qu'elle n'a pas subi la corruption du tombeau. Au terme de sa vie terrestre, elle a aussitôt rejoint son Fils et elle a partagé, dans son corps, comme dans son âme, dans l'intégralité de sa personnalité, la gloire du Christ. Celui-ci est le premier ressuscité, Marie lui est associée de très près. Saint Paul l'affirme dans la seconde lecture, nous sommes tous appelés à ressusciter , à être alors vraiment libérés de nos péchés et à être pleinement humanisés, grâce au Christ, pleinement homme, pleinement Dieu.

Tel est notre avenir, il est bon d'y penser de temps en temps, sans être rivé à nos préoccupations du moment. En contemplant Marie, nous contemplons ce que nous sommes et ce que nous allons devenir, notre avenir définitif. Dans la préface de la prière eucharistique, je vais proclamer : " Parfaite image de l'Eglise à venir, aurore de l'Eglise triomphante, Marie guide et soutient l'espérance du peuple de Dieu encore en chemin". Amen

Date de dernière mise à jour : 10/02/2022