CORONAVIRUS

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Extrait du livre "Lhumilité de Dieu"

 

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                                                                                                                        CURE  CONFINE

 

Saint Aigulin, fondateur de la paroisse, était, dit-on, un ermite. Sans le vouloir, je suis devenu un peu comme lui : ermite de la maison paroissiale. Heureusement le téléphone et Internet fonctionnent bien. Je pense souvent aux familles qui habitent de petits appartements dans de grandes agglomérations urbaines, alors que j'ai la chance de vivre à la campagne. Je me rends compte aussi de la souffrance des familles qui ne peuvent pas visiter leurs personnes âgées qui résident en EHPAD. Et de la douleur de celles qui doivent enterrer leurs défunts au cimetière, sans réunir la parenté élargie et les amis. Mais il faut être ferme pour éviter la propagation du virus.

Je ne m'ennuie pas du tout. Je prie et je médite davantage. Mais évidemment je trouve drôle de célébrer la messe tout seul! Je rends grâce à Dieu d'agir par la compétence et le dévouement de tous les soignants. Par les nombreuses initiatives de solidarité prises par les uns et les autres. Par le service régulier de ceux et celles dont on ne parle jamais : les routiers, les éboueurs, les facteurs, le personnel des grandes surfaces et des marchés etc.

Je lis beaucoup. Je découvre des émissions télévisées que j'ignorais et des films anciens que je n'avais pas eu le temps de voir (par ex. l'aile ou la cuisse, les choristes etc.). J'écoute de beaux concerts.

Je me documente sur différentes questions : par ex., celle des masques. L'Allemagne, semble-t-il, l'a mieux résolue que la France : n'est-ce pas le résultat de notre centralisation excessive qui a tendance à tout uniformiser par le haut? Je m'interroge aussi sur la puissance financière des laboratoires pharmaceutiques internationaux etc.

J'ai enfin re-écrit mon testament : on ne sait jamais!

                                                                                                         Père Bernard

 

Confinement pour tous jfif

Confinements dans la Bible…

De la Mère Abbesse de l’Abbaye bénédictine de Pradines

Etant donné ce temps particulier que nous vivons (et qui risque fort de durer), j’ai cherché quelles paroles de Dieu pouvaient nous aider à faire ensemble cette traversée du désert, et à la faire en communion avec tous nos frères et soeurs qui sont touchés de près et de loin par cette épidémie (et beaucoup plus touchés que nous…).

J’ai cherché dans la Bible quelques expériences de « confinement »,… et j’en ai trouvé quatre qui peuvent nous dire une parole… (Il y en a sûrement beaucoup d’autres !)

* Premier cas de confinement : Noé dans l’Arche (Gn 6 et 7) :

il y est entré par obéissance, sans un seul mot, avec non seulement toute sa famille, mais toute la création, représentée par un ou plusieurs couples d’animaux de toutes sortes, ce devait être quand même une cohabitation un peu rude et un « bazar » certain !... sans grande possibilité de prendre l’air ! Un confinement sonore et sûrement pas inodore ! Mais l’entrée et la vie dans l’Arche était une mesure de sauvegarde, de salut, le salut d’un petit reste et de l’avenir de la création toute entière, tandis que les hommes étaient engloutis dans le déluge « car la méchanceté de l’homme était grande sur la terre et son coeur ne formait que de mauvais desseins à longueur de journées » (Gn 6,5).

Et cela nous rejoint dans un certain sens : le confinement de plus en plus strict est une mesure de protection, de sauvegarde à respecter, en se sentant chacun responsable et cela concerne là aussi toute la création qui est comme une grande arche qui nous porte tous. Vivre donc ce temps en communion avec « tout ce qui a haleine de vie » sur la terre, « tout ce qui est chair » selon Gn.

 * 2ème cas de confinement : Jonas dans sa baleine (Jon2.1-11).

Ici, c’est plutôt la désobéissance qui a mis notre pauvre Jonas dans cette triste situation… dont nous n’avons pas beaucoup l’expérience ! Le confinement dans le ventre du gros poisson est pour lui, non plus l’élargissement à toute la création mais pour rentrer dans les profondeurs de lui-même : dans cet espace clos, c’est le moins qu’on puisse dire, il crie vers Dieu, il fait retour sur soi, c’est alors le lieu de son retournement, de sa conversion. Quelques lignes de Francine Carrillo : « Le ventre qui recueille Yonah s’annoncerait-il comme un lieu destiné au re-cueillement, un lieu pour re-cueillir les miettes de soi sous le regard de plus grand que soi ? Dans cette matrice flottante, Yonah reste en gestation 3 jours et 3 nuits. C’est le temps qu’il faut pour passer du néant à l’être, de l’enfermement en soi, à l’être qui fait être » et un peu plus loin : « C’est là dans l’épreuve de la nuit où tout recours semble impossible qu’il entend (…) ce qui vient en 1er dans son histoire comme dans l’histoire de chacun, c’est un amour impossible à décourager, un amour de toute éternité » (p 69 ;75).

Pour nous, nous sommes privées de beaucoup de contacts, plus d’hôtes, de clients, de parloirs, plus de participants à nos offices, etc… Que ce confinement dans la matrice communautaire, un peu austère, qui tombe pendant le temps du Carême, nous pousse à l’intériorité, à être plus attentives aux appels de l’Esprit, à écouter dans le silence et le recueillement et à crier vers Dieu comme Jonas, avec toutes les paroles de psaumes, ceux de la liturgie et ceux que nous composons dans notre prière ;

* 3ème cas de confinement : Les disciples au Cénacle, le jour de la Résurrection. Ils sont confinés par peur. Peut-être aussi par remords, par tristesse : Jésus est mort, il n’y a plus d’espérance, ils l’ont lâchement abandonné et maintenant les autorités juives les pourchassent. Mais Jésus vient, et se tient au milieu d’eux. Il leur donne son souffle et sa Paix, et les envoie à toutes les nations. Ce confinement est le point de départ d’un dynamisme missionnaire qui les portera jusqu’au bout du monde.

Que ce temps d’épreuve nous affermisse nous aussi dans la foi au Ressuscité qui se tient au milieu de nous, de tous et qui nous ressource dans notre mission pour le monde. Au Cénacle, il est venu au milieu de ses frères, leur faire don de la fraternité, fruit de sa Passion et de sa Résurrection. Reliées à tous ceux qui souffrent, prenons bien soin de notre vie fraternelle : que « cessent les querelles » comme nous le chantons le Jeudi Saint, les agacements, les susceptibilités, les rancoeurs, tellement secondaires à par rapport à la question de vie et de mort qui se joue pour beaucoup dans nos pays. Et prenons bien soin de  la joie commune car il nous faudra durer ; en étant aussi disponibles à l’imprévu et à tout ce qui nous sera demandé. Comme les Apôtres nous avons reçu l’Esprit Saint pour être humblement à la hauteur de ces événements graves et inconnus.

*Enfin 4ème cas : Paul et Silas dans leur prison (Ac 16, 23-25). Ils sont non seulement confinés mais enchaînés, les pieds pris dans des ceps de bois… Plus de mission, immobilité complète… !

Et alors que font-ils ? Ils chantent les louanges du Seigneur, cette mission qui demeure, de chanter avec coeur, dynamisme et soin. C’est cette louange qui nous relie profondément à tous, qui donne sens aux événements, qui tient et qui nous tient « C’est toi qui sur les temps maintient cette hymne », et c’est la louange qui est notre arme de combat : « rempart que tu opposes à l’adversaire » Ps 8. Que tu opposes à toute dramatisation, panique, découragement.

Voilà donc quelques cas de confinement qui peuvent nous parler, nous aider. Nous pourrons en trouver d’autres, se les partager si on veut, le soir en récréation pour éviter de trop parler… de ce qui nous confine !

 

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En cette période exceptionnelle et à la demande du gouvernement, 

                                                       n° d'écoute pour les catholiques : 08 06 70 07 72

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   Texte écrit par Pierre Alain Lejeune, prêtre à  Bordeaux

Et tout s’est arrêté…
Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

Après ?
Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.

Après ?
Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.

Après ?
Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.

Après ?
Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.

Après ?
Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.

Après ?
Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.

Après ?
Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.

Après ?
Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.

Après ?
Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.

Après ?
Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.

 

                                                                  Un peu d'humour nous fera du bien"

Sur un mode léger, mais cependant si près du cœur :

https://1drv.ms/u/s!AhSI9koVCSfX61cP2sz5mToqqUG6?e=dleoah

 

                                                                           Prière en temps d'épidémie

       Saint Roch, ami du Seigneur Jésus, vous qui avez connu l’épreuve de la souffrance et de la maladie, soyez aujourd’hui l’ambassadeur de notre prière auprès de Dieu notre Père. En ce temps d’inquiétude et d’incertitude, nous recourons à vous avec confiance pour demander votre intercession.

          Saint Roch, vous qui contemplez le visage de Dieu dans la gloire du ciel, voyez vos frères et sœurs d’ici-bas qui sont aux prises avec les flèches de la maladie aux quatre coins du monde.

          Vous qui goûtez la plénitude de l’amour du Saint-Esprit, demandez-lui pour nous la fraîcheur dans la fièvre, la guérison pour ce qui est blessé.

          Vous que la Sainte Vierge Marie a présenté à Dieu après l’épreuve, demandez-lui de nous prendre dans son manteau de miséricorde et de dire à son Fils que nous manquons du vin de la joie.

          Vous qui avez risqué votre vie pour annoncer à tous la Vie qui est en Jésus, confiez au Divin Médecin toutes les personnes qui luttent au chevet des malades, qui se dépensent pour leurs frères et cherchent pour développer des traitements.

          Vous qui avez vécu en fils de l’Eglise en toutes circonstances, priez pour que les chrétiens donnent à tous le témoignage humble de leur confiance paisible, de leur charité active, et de leur espérance invincible qui viennent du Cœur du Christ.

          Vous qui ne vous êtes jamais résignés au mal, obtenez-nous de ne céder ni au fatalisme ni à la panique, mais d’avancer dans ces quarante jours de carême les yeux fixés sur la croix de Jésus, mort et ressuscité, en qui est la victoire totale et définitive sur le mal.

          Saint Roch, demandez-le à Dieu notre Père, par Jésus-Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec Lui dans l’unité du Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

                                                                                          Amen

Saint Roch, priez pour nous.

 

PRIERE D'UN PRETRE ITALIEN EN QUARANTAINE DONT LE FRERE PRETRE EST MORT DU COVID-19)

      TEXTE A MEDITER

                                                                           « JE RESTE A LA MAISON, SEIGNEUR ! »

 

Je reste à la maison, Seigneur ! Et aujourd’hui, je m’en rends compte,

Tu m’as appris cela, demeurant obéissant au Père, pendant trente ans dans la maison de Nazareth,

En attente de la grande mission.

 

Je reste à la maison, Seigneur, et dans l’atelier de Joseph, ton gardien et le mien,

J’apprends à travailler, à obéir, pour arrondir les angles de ma vie

Et te préparer une œuvre d’art.

 

Je reste à la maison, Seigneur ! Et je sais que je ne suis pas seul parce que Marie, comme toute mère,

Est dans la pièce à côté, en train de faire des corvées et de préparer le déjeuner

Pour nous tous, la famille de Dieu.

 

Je reste à la maison, Seigneur ! Et je le fais de manière responsable pour mon propre bien,

Pour la santé de ma ville, de mes proches, et pour le bien de mon frère, que tu as mis à côté de moi,

Me demandant de m’en occuper dans le jardin de la vie.

 

Je reste à la maison, Seigneur ! Et dans le silence de Nazareth, je m’engage à prier, à lire, étudier, méditer,

Etre utile pour les petits travaux, afin de rendre notre maison plus belle et plus accueillante.

 

Je reste à la maison, Seigneur ! Et le matin, je te remercie pour le nouveau jour que tu me donnes,

En essayant de na pas la gâcher et l’accueillir avec émerveillement, comme un cadeau et une surprise de Pâques.

 

Je reste à la maison, Seigneur ! Et à midi, je recevrai la salutation de l’ange, je me rendrai utile pour l’amour,

En communion avec toi qui t’es fait chair pour habiter parmi nous,

Et, fatigué par le voyage, assoiffé, je te rencontrerai au puits de Jacob, et assoiffé d’amour sur la Croix.

 

Je reste à la maison, Seigneur ! Et si le soir me prend la mélancolie, je t’invoquerai comme les disciples d’Emmaüs, reste avec nous, le soir est arrivé et le soleil se couche.

 

Je reste à la maison, Seigneur, Et dans la nuit, en communion de prière avec les nombreux malades, les personnes seules et tous les soignants, j’attendrai l’aurore pour chanter à nouveau ta miséricorde et dire à tout le monde que, dans les tempêtes, tu as été mon refuge.

 

Je reste à la maison, Seigneur ! Et je ne me sens pas seul et abandonné, parce que tu me l’as dit :

Je suis avec vous tous les jours, oui et surtout en ces jours de confusion, ô Seigneur, dans lesquels,

Si ma présence n’est pas nécessaire, je vais atteindre chacun, uniquement avec les ailes de la prière.

 

Amen.

 

(prière d’un prêtre en quarantaine dont le frère prêtre est mort du covid-19)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                               

 

      

          

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 30/05/2020